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Faire percoler 45000$, un jour à la fois

Dernière mise à jour : 19 janv.


Je l’écrivais la semaine dernière, il n’y a probablement pas plus cliché que de parler de café comme symbole où économiser. Quand on y pense un peu, si ce cas de figure perdure autant, c’est qu’il doit quand même faire un certain sens, si on sort nos calculatrices.

Observations dans la jungle

C’est un phénomène social plutôt fascinant que d’observer l’immanquable file matinale de voitures, parechoc à parechoc, autour d’un service au volant. Une routine bien ancrée chez certains, comme si c’était moins long que de l’avoir fait chez soi. J’en doute fortement.

Dans mes premières années d’emploi, j’étais fasciné par le nombre de collègues qui franchissaient la porte, chaque matin, avec un gobelet de café en carton à la main. Je me questionnais vraiment sur comment on pouvait justifier de perdre 5 à 15 minutes, moteur tournant, pour recevoir une commodité facturée plusieurs fois son prix coûtant, alors que le café était gratuit au bureau. À l’inverse, je ne m’en préparais même pas un à la maison avant de partir, car il me coûterait quelques fractions de dollar à faire, versus l’avoir complètement gratuit, au bureau. Je dois dire que ce n’était pas seulement son prix qui goûtait bon, car c’était même une torréfaction locale (ce qui ajoutait à mon incompréhension)!

Combien ça vaut, réellement?

Dans l’entrée de gamme, ce n’est pas difficile de trouver une machine à café filtre, pour 40$ ou moins. Comme il faut environ 20g de mouture par tasse, une marque économique autour de 15$/kg vous coûterait autour d’à peine 0,30$ par café. On est quand même loin d’un café bon marché vendu autour de 1,50$-2,00$, plus taxes. Oui, parce que comme bien des produits prêts à consommer c’est taxable, alors que la mouture ou le grain, eux, sont des produits détaxés. Un pourboire avec ça?

Pour chaque tasse, vous économiserez environ 1,50$, ce qui vous permettrait de rentabiliser votre machine (si vous n’en avez pas déjà une), en à peine une trentaine de cafés. On peut même pousser la note, se gâter avec une meilleure machine, du grain frais de microtorréfaction à 30$/kg, à ≈0,60$ par café, ça reste encore nettement moins cher et la machine maison se rentabilisera rapidement.

Et les machines à capsules, elles? Le problème des machines à capsules, c’est qu’elles suivent le modèle de la cartouche d’imprimante. J’ai trouvé des capsules allant de 0,50$ à 1,00$. Ça reste au moins 1,00$ moins cher que le café prêt-à-boire, mais l’opération est plus coûteuse que la machine traditionnelle. On paie ici pour la facilité, l’individualité de la portion ou peut-être une variété de saveurs rapidement interchangeables.

Jadis, j’avais même fait le calcul comparatif entre une machine haut de gamme de 400$ et une machine à capsules de 100-150$. Au bout de seulement 1 an, en plus de bénéficier d’un meilleur produit, la machine plus chère à l’achat, moins chère à l’opération m’était plus rentable. Plusieurs années plus tard, elle fonctionne encore à merveille, elle est facile à entretenir et en cas de problème, elle devrait même être réparable. On ne peut pas en dire autant de celles à capsules, sans compter le suremballage lié à chaque consommation. Une victoire économique et écologique!

Le cas des bases d’espresso

Là où je tombe en bas de ma chaise, c’est quand je regarde les menus qui listent les cappuccinos, les lattes et toutes ces boissons caféinées qui ressemblent bien plus à un dessert (avec parfois presque 500 calories, 75g de sucre et 16g de gras, on jase, mais je crois qu’un gâteau au chocolat, accompagné d’un espresso noir, afficherait un meilleur bulletin, pour un même effet).

Même en ajoutant de quoi allonger votre espresso maison, amortir une machine spécialisée pour faire un latte digne des cafés 3e vague, mes estimations dépassent difficilement les 1,00-1,50$, par consommation. Un écart gigantesque avec les 5,00$, voir jusqu’à 8,00$, commandés par le barista.

Le café à 45 000 dollars

Je sais que ça peut paraitre petit, voire insignifiant comme geste. Cependant, économiser ne serait-ce que 1$ par jour sur quelque chose d’aussi banal qu’un café, ça peut rapidement se multiplier.

Même avec une estimation très conservatrice de 5,00% de rendement annuel, 1$ par jour, de l’âge de 25 à 65 ans, ça totalise presque 15000$ de contributions, auquel on ajoutera environ 30000$ de rendement. Finalement, votre petite décision à 1$ pourrait valoir presque 45000$! Vous pouvez multiplier par 5x pour le latte frappé au sucre.

Réflexion

L’idée n’est pas de vous dire de couper votre petit plaisir quotidien. Je comprends à 100% le réconfort d’un bon café chaud lorsqu’il fait -15º dehors, comme aujourd’hui. L’idée est plutôt de constater l’impact à long terme qu’ont plusieurs petites décisions qui peuvent finir par être payantes (ou par coûter très cher), surtout lorsqu’on peut avoir le produit identique, pour une fraction du prix et un effort supplémentaire pratiquement inexistant.



Illustration: Bing Concepteur d’images. Commande « whimsical paper diorama collage, an economical cup of coffee drank at home, made from a drip coffee maker, in a cozy warm lighten kitchen with a backdrop of Rocky Mountains seen through window with curtains pulled »

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